Quelqu'un qui se réveille avec trois ou quatre piqûres alignées sur le bras, dans une chambre où il n'y a aucun moustique, a quasi systématiquement des punaises de lit. C'est la signature : les piqûres en grappes ou en ligne droite, parce que la punaise pique plusieurs fois en suivant un vaisseau sanguin. Au moustique, le pattern est aléatoire ; à la punaise, il est ordonné.
Le doute s'installe parce que personne ne voit les punaises. Et pour cause : elles sortent uniquement la nuit, restent moins de dix minutes pour se nourrir, puis retournent se cacher dans des fentes invisibles. Une punaise adulte fait 4 à 7 mm de long, aplatie comme un grain de lentille. Elle se loge dans les coutures du matelas, les angles du sommier, derrière les têtes de lit, dans les fissures du parquet, à l'intérieur des prises électriques. On peut habiter un appartement infesté pendant des semaines sans en croiser une seule de jour.
Ce qu'on retrouve en revanche, ce sont leurs traces. De minuscules points noirs (les déjections) le long des coutures du matelas. Des taches rougeâtres sur les draps blancs (du sang écrasé après une piqûre). Une odeur sucrée caractéristique dans les infestations avancées, qu'on décrit souvent comme rappelant la coriandre ou l'amande amère. Et, en cherchant à la lampe torche, des mues — les enveloppes translucides que les larves abandonnent à chaque stade de croissance.
Les zones où on les trouve toujours
Le matelas, en commençant par les coutures du périmètre. Le sommier, en démontant si nécessaire. La tête de lit, particulièrement les modèles en tissu capitonné. Les plinthes le long du lit. Les prises électriques et interrupteurs proches. Les rideaux qui touchent le sol. Et, dans les cas avancés, les meubles à moins de trois mètres du lit : table de chevet, commode, cadre photo posé contre le mur.